« Je voudrais me coucher tard »

Il est rare que je me lance dans la rédaction d’un poème, mais l’inspiration a ses raisons que la raison ignore. Peu de temps après avoir écrit celui-ci, j’ai reçu un mail des Editions du Bord du Lot cherchant des auteurs afin de publier un recueil de poèmes. C’était certes à compte d’auteur, mais je n’ai pu résister à l’envie de leur soumettre mon texte. C’est ainsi qu’il a été édité quelques mois plus tard dans « Calliope Petite Anthologie Poétique », sous mon nom de naissance, Mélanie Chassaing.

Il fait tellement beau, le soleil dans le ciel est encore haut.
Nous deux, seuls au monde, enlacés dans une éternelle ronde.
Ce n’est que le matin, l’avenir nous semble lointain.
Mes lèvres à tes oreilles chuchotent, doucement ces quelques notes :
« Je voudrais me coucher tard. »

Il est déjà midi, le temps passe, sans que l’un de l’autre ne se lasse.
Nous avançons main dans la main, en poursuivant notre chemin.
Savourant notre bonheur, bercés par l’astre de chaleur.
Quand soudain d’un ton paisible, je te dis d’une voix audible :
« Je voudrais me coucher tard. »

L’astre bienveillant continue sa descente et de plus en plus cette pensée me hante.
Alors la panique de moi s’empare et sans pouvoir crier gare,
alors que tous mes sens s’affolent, je te saisis par les épaules.
Me mettant à hurler, comme si ça pouvait nous épargner :
« Je voudrais me coucher tard. »

Cette phrase encore une fois t’étonne.
Ton regard effaré me questionne.
Dans un vif élan,
Je me jette dans le néant.
Mon amour, il faut que tu saches,
que le temps passe quoiqu’on y fasse.
C’est pour moi un plaisir de vieillir.
Mais j’ai tellement peur d’avant toi partir.
Que tu finisses par m’oublier,
ou par une autre me remplacer.
Il ne faut pas que tout s’arrête,
avant même que j’y sois prête.
On ne peut pas tout sacrifier,
lorsque ça a si bien débuté.
Que jusqu’à la fin nos vies se déroulent,
et non pas que d’un coup, d’un seul tout s’écroule.
Si celle que l’on appelle la faucheuse,
pouvait se montrer généreuse.
Qu’elle laisse la journée se dérouler,
et la nuit au jour se succéder.
Ce n’est pas d’être dans cet ailleurs,
qui me fait tellement peur.
Mais quelque soit l’endroit,
c’est d’y être sans toi.
Si dans la vie chacun a son but,
c’est de rester à tes côtés que sera ma lutte.
Car je ne puis accepter,
d’être de ton âme séparée.
Je voudrais avoir l’espoir,
qu’on me laisse venir le soir.

Alors étendus côte à côte, cœur contre cœur,
unis à jamais par nos âmes sœurs,
tous deux fatigués, mais heureux,
de dormir, nous attendrons encore un peu.

C’est dans ce splendide décor, que tu comprendras alors…

Pourquoi je voulais me coucher tard.

Crédit photo : CANDICE CANDICE sur Pixabay.

Publié par melaniebonnotauteure

Auteure et chroniqueuse littéraire.

4 commentaires sur « « Je voudrais me coucher tard » »

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