Lettre 001 – Cher Père Noël

Afin que vous puissiez appréhender au mieux ces lettres aux habitants du Pôle Nord, une explication du contexte s’impose. Le soir du 27 octobre 2020, nous apprenions que nous allions encore être confinés. Dans un profond élan de mélancolie, j’ai décidé de me tourner vers celui qui à mes yeux représente l’espoir, le Père Noël. Je lui ai donc adressé trois lettres sur mon profil Facebook personnel. Face aux encouragements de mes ami(e)s, j’ai pris la décision de les rendre publiques. Je ne m’attendais pas à un tel engouement pour ces missives. C’est ainsi que la première saison des lettres aux habitants du Pôle Nord a vu le jour. Je vous conseille de les lire dans l’ordre chronologique afin d’en saisir les moindres détails. Suite à de nombreuses sollicitations, une deuxième saison verra le jour à partir du 31 octobre 2021. Un recueil papier est prévu…

Lettre 001

27 octobre 2020

Cher Père Noël,

Tu sais… évidemment que tu sais, suis-je bête. Tu es omniscient. Comme tu le sais, puisque tu sais tout, même ce qu’on tente de cacher sous le tapis, ça semble mal barré pour le 25 décembre. Même pour le 24, même pour le 26, même au balcon et même pour Pâques au tison.

Je m’étais déjà fait une raison pour mon cadeau, n’ayant pas été bien sage cette année, en échangeant la PS5 contre un aspirateur et un réfrigérateur. Mais, si on y regarde de plus près, l’aspirateur ne fonctionne pas si mal. Il suffit de changer le sac à chaque utilisation, de dérouler le câble tous les deux mètres et je me suis aperçue que, à la différence d’une tortue, il avançait bien mieux sur le dos. En ce qui concerne le réfrigérateur, il suffit d’ôter une fois de temps en temps la plaque de glace de 4 cm d’épaisseur qui tapisse le fond de l’engin. Ça n’a pas plu au manchot qui a élu domicile dans le bac à légumes. Mais les bretons ont baptisé une crêpe à mon nom pour fêter le retour de l’électricité.

Nos grands-parents avaient une orange et la guerre. Nous c’est la Covid. Et sans vouloir faire ma pénible, j’ai une préférence pour le chocolat. Mais, si je t’écris ce soir, c’est que mes grands-parents, alors enfants, y ont survécu à ces Noël de travers, alors pour nous adultes, ça devrait aller.

Je sais que les gens vont se moquer de ma lettre, parce qu’il parait qu’on n’écrit pas au Père Noël lorsqu’on a 31 ans. J’ai peine pour eux, ils ont tué leur âme d’enfant pour devenir adulte là où il suffisait de l’élever. Cher Père Noël, advienne que pourra. Quoiqu’il en soit, Noël sera. Tu sais ce que je désire au plus profond de mon cœur, ça n’a rien de matériel et tu ne pourras pas me l’apporter.

Je crois, parce que contrairement à toi je ne sais pas tout, que cette année tu devrais lever le pied.

Je t’embrasse tendrement.

Mél ou Nannie ou Mémé ou Mélane ou Mélanie

Crédit photo : Gerd Altmann sur Pixabay.

Publié par melaniebonnotauteure

Auteure et chroniqueuse littéraire.

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