Lettre 009 – Chère Mère Noël

Lettre 009

13 novembre 2020

Chère Mère Noël,

Je peux enfin t’écrire ! C’est d’ailleurs préférable que cela ne soit pas à ton mari que je raconte mes dernières péripéties avec le manchot di congelo. Parce que oui, au début nous étions sagement installés devant la télévision à regarder « La Belle et la Bête ». Mais non, cela n’a pas duré…

Tu sauras qu’on ne met jamais les sous-titres d’un dessin animé pour faire un karaoké. Tous les chiens du quartier se sont excités, les sirènes du Rhône ont organisé une manifestation et depuis, le voisin a des acouphènes. Le manchot, ravi de mon idée, s’est installé sur le canapé avec son micro fétiche à la main… un Croustibat. Flairant que ça allait sentir le flétan, je lui ai fait cadeau d’un nouveau micro… ma brosse à cheveux. Cher Monsieur Leclerc rassure-moi sur le fait que c’est un produit essentiel. J’ai bien essayé de me coiffer avec une fourchette à dessert. Depuis, on a fait noter dans mon dossier médical qu’avant toute IRM, il faudra me tondre.

Je laisse à ton imagination le délice de nous imaginer chantant et dansant sur les chansons de Belle et Gaston. Nous avons enchainé sur « C’est la fête » avec beaucoup de cœur à l’ouvrage. Apparemment un peu trop, puisqu’un craquement sinistre de fémur qui se suicide s’est fait entendre. Sous nos pieds, le canapé s’est dangereusement mis à pencher. Oui Mère Noël, tu as bien lu ! J’ai en effet écrit pieds et canapé dans la même phrase. Je me confesse, nous sautions follement et avec la grâce d’un lamantin en rut sur les coussins. Sauf que comme j’ai dit au manchot, aucun Ave ni Pater ni changerait quoi que ce soit. Il a acquiescé, tout en rajoutant qu’en plus le navet, il n’aimait pas ça. J’ai pleuré !

Puis, la grâce du dieu de la connerie infinie nous a touchée et pas qu’un peu. Ne me demande pas pourquoi dans mon désespoir, j’ai trouvé que le fait de casser les trois autres pieds du canapé était plus approprié pour le remettre de niveau, que de placer une cale. C’est donc toujours en chanson que nous avons commis notre forfait.

A part ce léger détail, le manchot a adoré le film. J’ai tenté de lui expliquer le syndrome de Stockholm, mais il n’a pas compris ce que « La Casa de Papel » venait faire là-dedans. Epuisée, je l’ai raccompagné dans la cuisine et autorisé à garder ma brosse à cheveux. Nous ne pourrons bientôt plus manger de gâteaux…

Chère Mère Noël, je n’en démordrai jamais, les vendredi 13 et leur lot de malheurs, c’est une histoire éternelle.

Des baisers chocolatés !

Crédit photo : tookapic sur Pixabay.

Publié par melaniebonnotauteure

Auteure et chroniqueuse littéraire.

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