Lettre 011 – Cher Père Noël

Lettre 011

17 novembre 2020

Cher Père Noël,

Nous sommes très occupés par la rédaction de la liste des cadeaux que nous souhaitons offrir à nos proches. Pour ma belle-grand-mère, alias le Diable s’habille en Damart, nous pensons lui envoyer un sac d’aspirateur à la menthe, ça lui sera bénéfique pour soigner sa bronchite chronique imaginaire. Ça nous sera tout autant bénéfique de nous en débarrasser. Du sac d’aspirateur, pas de la belle-grand-mère !

En treize ans, je n’ai passé qu’un Noël chez elle, merci Seigneur d’avoir placé la Normandie à 800 kilomètres de chez nous, et c’est déjà un sacré exploit… d’en être revenu.

Ce court séjour a été l’occasion de la plus grosse honte de ma vie. Dans cette maison, il doit y avoir 3 ou 4 WC, un seul ne fonctionnait pas. Bingo ! Après le voyage sur une route enneigée, où mon époux a trouvé malin de s’amuser à tirer le frein à main pour mettre un peu d’ambiance, mon transit s’est rappelé à mon bon souvenir. Quelle merveilleuse première impression j’ai dû laisser dans la famille, quand dès mon arrivée, j’ai bouché la tuyauterie, le jour de Noël. J’en ai profité pour rayer le mot dignité de mon vocabulaire.

Mais si tu te souviens bien, mon cher et tendre, après quinze jours de relation et sans avoir rencontré mon père, avait eu l’excellente idée d’emboutir la voiture de ma mère. Comme ma tante dit encore aujourd’hui, il a fait une entrée fracassante dans la famille.

Mais revenons-en à nos colombins. Durant ce séjour, je n’ai jamais autant pris l’apéro de toute ma vie; 9h, 11h, 13h, 16h, 18h, 21h. Je veux bien croire qu’à ce rythme-là, mon sang, comme celui du Christ, se soit changé en vin. Par contre, mon corps n’est pas devenu pain, mais mon foie gras aurait fait une délicieuse terrine pour le nouvel an.

La belle-grand-mère a vécu la guerre de 100 ans ou celle de sécession, je ne sais plus bien. Du coup, elle fait des stocks de nourriture. Elle a profité de notre visite pour les écouler. Je ne pourrai plus jamais taper un croc dans un Granola de toute ma vie. J’ai bien dû en engloutir quatre durant le goûter, avant de comprendre les grands gestes mimés par le reste de la belle-famille et de me souvenir que les Granola au chocolat blanc, ça n’existait pas. J’ai bien cru que le seul chemin par lequel je reviendrais dans le Sud serait celui emprunté par un corbillard. Cause du décès : Empoisonnement au Granola. Mobile : A bouché les chiottes le jour de Noël.

Cher Père Noël, sans mauvais jeu de mots, ce Noël restera dans les annales.

Des bisous dans vos cous !

A tantôt !

Crédit photo : Mike Ljung sur Pixabay.

Publié par melaniebonnotauteure

Auteure et chroniqueuse littéraire.

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