Lettre 024 : Cher Père Noël

Lettre 24

14 décembre 2020

Cher Père Noël,

Je suis jalouse de ta magnifique chevelure. Certes ta barbe est sans nulle autre pareille mais je te la laisse volontiers. Grâce à mes origines méditerranéennes, je suis déjà dotée d’une pilosité assez développée sur le reste du corps. Merci bien !

Hier soir, j’ai regardé le film « Justice League » et je suis tombée en admiration devant Wonder Woman. Mais comment fait-elle pour avoir des cheveux qui ondulent, comme le sable sur une plage des Caraïbes, lorsqu’ils sont lâchés, mais lisses, plaqués et parfaitement disciplinés lorsqu’ils sont attachés. Comment ça ce n’est pas la réalité, c’est de la fiction ? Euh… je le sais ça. Parce que si je croise un gars déguisé en chauve-souris et un avec son slip par-dessus son pantalon et son bavoir en guise de cap, c’est qu’il y a eu un lâcher, mais pas de faisans. Que veux-tu… ici, ce n’est pas Metropolis, si je me tords la cheville sur le trottoir en sortant ma poubelle, c’est plutôt Dupont et Dupond qui viendront me relever. C’est moins glamour !

Mais revenons-en à nos frisettes, parce que j’ai vraiment bloqué sur les cheveux de Wonder Woman et sur l’injustice de ne pas avoir les mêmes. Tout cela parce que le sang des anciens dieux ne coule pas dans mes veines ?! Mais ce n’est tout de même pas de ma faute si je tourne au rouge. Pardon d’être née fille et petite-fille de maîtres de chai, en plein milieu des vignes du Côtes-du-Rhône. Parce que Diana l’Amazone, lorsqu’elle est toute classe à la ville, cheveux tirés en queue de cheval c’est une vraie pub pour l’Oréal. Alors que sur moi, il reste toujours des genres de microcheveux tout fins, qui rebiquent. On dirait des petits bras en l’air, comme si y’avait des minigens sur ma tête en train de faire des montagnes russes. Par contre, lorsque je les lâche, c’est Mercredi de la famille Adams. Plus droits et raides y’a pas, ou Pépé Lucien quand on a fini par le retrouver après trois semaines sans nouvelles.

Ma chevelure est si indomptable, que pour le mariage de la cadette j’ai cru que la coiffeuse allait s’arracher les cheveux. Elle a utilisé tellement de barrettes pour fixer ma coiffure, que si j’avais dû passer une irm en urgence, le plus simple aurait été de me couper la tête. Quant à la quantité de laque… une étincelle et le quartier partait en feux d’artifice. Tu veux connaître la meilleure ! A la sortie de l’église, Tante Claire, pieds nus, car elle a trouvé le moyen de casser ses chaussures sur les deux cents mètres séparant la mairie de l’église, a dû remettre en place une mèche récalcitrante. Un jour, si ma tête se met à chanter « Bella Ciao », je n’en serais même pas étonnée.

Lorsque je me remémore le mariage de la cadette, je me rends désespérément compte que ma famille mérite une série en son honneur. Non, parce que « Mariés, deux enfants », à côté c’est du pipi de chat. Voilà pas qu’au moment de partir pour la salle de réception, la benjamine a sorti la voiture du garage, sans fermer la portière. Etagère en bois : 1 – Portière : 0. Horreur, malheur ! Le Scooby-gang en action. Moi, qui rentre en courant pour retenir ma mère dans la maison. Sauf que je mens comme un arracheur de dents. Elle s’est donc précipitée dans le garage pour savoir de quoi il en retournait. Ben de la portière ! Et là, un spectacle digne de « La France a un incroyable talent ». L’homme qui valait trois dinars tapant à grand coup de masse sur la voiture et ma sœur vociférant que si mon père n’avait pas mis une étagère contre le mur, ça serait passé crème. C’est pas faux ! Alors, je dois reconnaître qu’on était en plein épisode de canicule, mais je me pose toujours la question de savoir combien de kilomètres elle comptait parcourir ainsi.

Tout est bien qui finit bien. Le cortège nuptial s’étant mis en route avant nous, nous avons évité une honte monumentale. Mes parents ont pu prendre la route et c’était d’ailleurs plutôt sympa d’entendre en fin de cortège, parmi les tut-tut, les bip-bip de l’alarme de mauvaise fermeture de la portière.

Cher Père Noël, avec une famille pareille, comment ne pas me faire de cheveux blancs.

De gros poutous sur vos joues !

A dans dix jours !

Crédit photo : RyanMcGuire sur Pixabay.

Publié par melaniebonnotauteure

Auteure et chroniqueuse littéraire.

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