Lettre 029 : Cher Père Noël

Lettre 29

24 décembre 2020

Cher Père Noël,

Nous y sommes, ce soir c’est le grand bal ! J’espère que ta tournée se déroule au mieux et que dans chaque foyer, tu pourras apporter un peu de magie et de réconfort en ces temps troublés. J’imagine que les lutins ont dû prendre grand soin de préparer ton traineau et d’y atteler précautionneusement les rennes.

Dans ma famille, nous aimons aussi le travail bien fait. Seulement, nous ne sommes pas assez nombreux pour avoir un spécialiste dans chaque domaine. Par exemple, l’attelage ce n’est pas trop notre truc… Il faut que je te raconte, comment il y a quelques années, mon père s’est cru sur le circuit arc-en-ciel dans Mario Kart.

Déjà, ça ne peut arriver qu’à un membre de ma famille, ici ma mère, de tomber en panne dans le plus gros rond-point de la ville la plus proche. Ça met déjà bien dans l’ambiance pour commencer le dépannage. C’était l’époque où mon père possédait exceptionnellement le véhicule le plus neuf et potable. Ma mère conduisait la Skoda break de mon grand-père. Pour te la faire courte, cette voiture c’était un mélange entre un char d’assaut, un char d’assaut et un char d’assaut. Même poids, même vitesse, même consommation, même résistance ! Du coup si tu tombes en panne, à moins d’avoir la chance que le bus d’une équipe de rugby s’arrête pour te prêter main forte, la voiture tu n’essayes même pas de la pousser.

Mon père a réussi à fixer la barre de remorquage et en voiture Simone. Sauf qu’au bout de quelques kilomètres, Simone m’a passée un coup de fil. C’était du Shakespeare dans la conversation, ça a commencé par de petits mots murmurés tels Juliette roucoulant à l’oreille de Roméo, pour finir par un duel à l’épée entre Thibalt et Mercutio. Ma mère hurlait tellement dans son portable, que tout le quartier s’est rassemblé sous mes fenêtres avec du popcorn. Nous voici donc, avec mon cher et tendre, en route pour jouer à Pascal le grand frère entre mes parents et, si possible, les aider à ramener la voiture à bon port.

C’est ainsi que nous les avons retrouvés sur le parking de la cave vinicole du village… si un jour, j’adapte la vie de ma famille au grand écran, on battra Dany Boon et ses Ch’tis à plate couture. Sur la gauche du ring, Simone, qui hurle qu’elle ne remontera pas dans la voiture. Sur la droite, le père, haussement d’épaule et yeux au ciel, qui affiche un air aussi innocent que Judas lors de la Cène. Là, je me suis retrouvée dans la délicate position de devoir arbitrer le combat. Un peu comme lorsque tu dois estimer lors d’une manifestation, qui de la préfecture ou des organisateurs a le bon nombre de participants à dix mille près. Mon père roulait-il réellement au-delà des vingt-cinq km/h préconisés lors d’un remorquage ? Ma mère affirmant souffrir d’une tendinite au genou à force d’enfoncer la pédale de frein. Une affaire digne des Experts amis-amis. AAAAAOUUUUUUWWW !!! Ouhouh ! Ouhouh ! (Je te fais le générique afin que tu sois pleinement dans l’ambiance.)

Sans être garagiste, lorsque j’ai vu que la barre de remorquage n’était plus attachée au crochet prévu à cet effet, j’ai compris qu’il y avait un problème. Mais lorsque mon mari a soulevé le capot du char, mon père aurait mieux fait de plaider coupable. Je ne me souviens plus ce qui nous a pris le plus de temps, si c’est de réussir à calmer ma mère et de la persuader qu’elle ne risquait rien à monter dans ma voiture. Ou si c’est de retirer la barre de remorquage du radiateur de la Skoda.

Tout est bien qui finit bien. De l’eau a coulé sous les ponts, la voiture est réparée, mes parents n’ont pas divorcé et surtout, ils ont souscrit auprès de leur assurance un contrat d’assistance.

Cher Père Noël, je te souhaite une tournée calme et sans mauvaise surprise, du genre un airbus. Je sais que je n’ai pas été très sage et qu’il ne faut pas réclamer. De plus, tu m’as déjà fait un beau cadeau en m’apportant des lecteurs réguliers, qui postent de petits mots gentils. Ainsi que des amis, de la famille et un mari dont le soutien m’a permis d’écrire et de publier pour divertir les gens, même les jours où il faisait gris dans ma vie. Mais, si je peux me permettre de te demander encore un petit quelque chose… est-ce que tu crois que chaque personne qui lit cette lettre pourrait la liker, la commenter et la partager ? Juste un petit geste de solidarité, un peu de ta magie qui se répandrait sur les réseaux sociaux durant quelques heures.

Cher Père Noël, cette lettre n’est pas la dernière, j’aurai à te causer le 26.

A tout à l’heure !

Je vous envoie de l’amour, encore et toujours !

Crédit photo : S.Hermann & F.Richter sur Pixabay.

Publié par melaniebonnotauteure

Auteure et chroniqueuse littéraire.

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