Lettre 004 : Chère Mère Noël

Lettre 004

21 novembre 2021

Chère Mère Noël,

Je t’écris à nouveau car l’heure est grave. Non, le Diable s’habille en Damart n’est toujours pas à plat, à croire que le Polident est un bouche trou efficace. Comme on n’est jamais trop prévoyant, j’ai déjà préparé son épitaphe au kazoo : « Le temps passe, malheureusement les souvenirs restent. » Après tu connais la chanson, thermostat 7 durant trois heures…

Bref, revenons-en à nos mouflons. L’homme qui valait trois dinars s’est permis de dire que je suis jalouse. Est-ce que le Père Noël a déjà osé t’insulter de la sorte ? Je suis possessive. Certes la nuance est subtile, je te l’accorde. Mais remettons en contexte afin que tu puisses te faire un avis objectif sur mon absence totale de jalousie.

Nous nous trouvions à une soirée chez des amis où nous ne connaissions pas tous les invités. Sans crier gare, une certaine Marie qui n’avait rien d’une sainte, ni d’une vierge, s’est installée sur le canapé à côté de mon cher et tendre époux. Fallait la voir lui lancer des œillades avec ses yeux de bitche… de biche, de biche… ma main a ripé (ou pas). Lorsqu’il a dégainé sa cigarette électronique, elle s’est adressée à lui d’une voix mielleuse pour lui demander s’il n’avait pas du feu. Seigneur, mais c’est qu’en plus elle possède un gouffre en guise de cerveau.

Petite maman Noël, tu peux constater que jusque-là je suis restée tout à fait stoïque. Un rythme cardiaque de 180 bpm au repos, ça demeure relativement raisonnable pour un samedi soir. Le problème c’est qu’elle a commencé à se montrer tactile en prenant appui sur l’entrejambe de mon cher et peut-être plus si tendre époux, déposant sa main à la limite de la boîte à bijoux. Oh Marie si tu savais, tout le mal que je vais te faire. C’est à ce moment-là que j’ai pété un Doritos. (C’est comme péter une durite sauf que cela arrive durant l’apéro.)

J’ai bondi de ma chaise. Faisant preuve d’un calme olympien tel Zeus marchant sur le mythique Lego, je suis sortie dans le jardin afin d’attraper le premier fumeur s’encrassant les poumons à ma portée. Evidemment, il a eu pour réflexe de me proposer de tirer sa blonde. Refusant poliment, je lui ai signifié que Marie désirait qu’on lui allume le feu, car son démon de midi voulait danser la salsa. Je ne sais pas si c’est l’alcool ou l’effet de mes paroles mais ses pupilles se sont immédiatement dilatées. Malgré tout il n’a pas bougé d’un iota, me fixant d’un air niais, la clope au bec. Punaise, lui c’est la grotte Chauvet qu’il a entre les deux oreilles. Au bout du bout du rouleau, je l’ai attrapé par la manche pour le trainer jusqu’au salon et le jeter dans les bras de la sirène.

Malheur de malheur, qu’est-ce que j’ai fait là. Quelle erreur ! Cette dernière s’est levée et constatant l’absence de place sur le canapé, a minaudé de pâles excuses tout en prenant place sur les genoux de mon cher et… de mon époux. Ce dernier, au teint soudainement aussi rouge qu’un cul de macaque, est resté planté là comme… euh… ben comme un cul de macaque, tiens ! Dès que son regard a accroché mes doigts se refermant sur le goulot de la bouteille de champagne, cela lui a fait un électrochoc. Il a jailli du canapé, envoyant valser la blondasse tête la première dans le saladier de punch. JUSTIIIIIICE !

La suite est moins glorieuse, il m’a amené dans le jardin afin d’obtenir une explication. J’ai tellement beuglé que le lendemain les journaux titraient à la une qu’une vache avait vêlé près du centre-ville.

Chère Mère Noël, je dois te laisser. L’homme qui valait trois dinars vient de débouler dans mon bureau, trop heureux de me notifier que Marie l’a ajouté en ami sur Facebook. Le Manchot ! Shiva ! Manteau, bonnet, écharpe, moufles et dans la voiture ! On va à Jardiland acheter une pelle et de la chaux vive.

Des bisous tout doux sur tes joues rebondies !

A plus tard !

Mél.

Crédit photo Sammy-Sander sur Pixabay.

Publié par melaniebonnotauteure

Auteure et chroniqueuse littéraire.

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