Lettre 009 : « Cher Monsieur Benz (3) »

Lettre 009

23 mai 2021

Cher Monsieur Benz,

Je ne peux laisser mes lecteurs plus longtemps face à ce suspense insoutenable. Si vous vous souvenez bien, dans ma dernière missive, ma Clio partait en dépanneuse pour contrôler qu’il n’y ait aucun dégât après sa chute dans une tranchée. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée chez un carrossier. Ne faites pas cette tête Monsieur Benz, j’ai bien conscience que l’on ne se fait pas opérer du cerveau par un podologue. Mais la personne de l’assurance m’avait indiqué que peu importait le type de garage pour une expertise, tant qu’il était signataire de leur convention. Etant naïve comme un agneau face à un boucher qui lui tend des pâquerettes, j’étais loin de me douter qu’il y avait anguille sous roche.

Il est vrai qu’en apprenant le nom du propriétaire de la fameuse tranchée, j’aurais dû renifler que cette histoire commençait à sentir telle la couche de ma nièce. Le patronyme de ce cher monsieur est le synonyme le plus courant du mot escroquerie. Vous ne me croyez pas ? J’ai moi aussi pensé à une blague avant de consulter les documents officiels.

Mais revenons-en à notre cabinet d’expertise qui a mis son meilleur agent sur mon dossier. Celui-ci a estimé pouvoir juger d’une éventuelle casse mécanique grâce à quelques photographies. Evidemment le résultat n’étant pas concluant, ma voiture a été immobilisée jusqu’à ce que monseigneur l’expert daigne bien vouloir bouger son postérieur.

A l’époque, j’ai ressenti un mauvais pressentiment car j’ai décidé de prévenir le patron de la carrosserie qu’aucune réparation ne devait être réalisée sans mon accord, même si l’assureur donnait son aval. Monsieur Benz, je n’ai pas échappé au théorème de Norauto (dit aussi de Feu Vert, Euromaster, etc. Liste non exhaustive.) dont la règle est la suivante : «Femme face à un garagiste alignera le fric. »

La bonne nouvelle c’est que ma petite Clio était en pleine forme. A part une batterie en court-circuit, mais ça nous ne nous en sommes aperçus que quelques jours plus tard, lorsque le véhicule n’a jamais voulu démarrer. Je me trouvais alors dans un village de cinq cents âmes où mon portable captait le réseau aussi bien que dans l’anus d’un yack au fin fond du Tibet. Coût de cette aventure (à ce stade) : une batterie.

Cependant, parce qu’il y a toujours un cependant, mes péripéties étaient loin d’être terminées. Vous savez Monsieur Benz, la fée qui s’est penchée au-dessus de mon berceau devait être ronde comme une queue de pelle. Je ne vois pas d’autre explication. Tout cela n’étant pas encore assez abracadabrantesque, quelques semaines plus tard, j’ai reçu une facture du carrossier. Coup de téléphone à l’assurance qui affirme ne pas prendre en charge les frais supplémentaires demandés par ce dernier. Je raccroche, puis téléphone à l’expéditeur de la douloureuse. La secrétaire m’explique que n’ayant pas le matériel nécessaire pour vérifier mon véhicule, ils l’avaient tout simplement envoyé dans un autre garage.  

STOOOOP !!! Attendez, récapitulons la situation parce que même l’administration française n’est pas capable de nous pondre de tels coups fourrés. Donc la Clio a été déposée dans un garage agréé par l’assureur. N’étant pas capable de réaliser l’expertise il a apporté ma voiture, sans aucune autorisation, chez son pote le garagiste non agréé. Puis celui-ci a envoyé la facture et comme personne ne voulait la régler, évidemment on a refilé le bibi à bébé… euh, le bébé à bibi.  

Sauf que j’ai sorti ma carte joker ! Une procédure étant en cours à l’encontre du propriétaire du terrain où l’accident avait eu lieu, la dette a donc été mise en attente.

A votre avis, ai-je obtenu gain de cause ? Après tout c’était moi la victime, n’est-ce-pas ? Hein ? Justice ? Justice ! T’es où, bordel ?! Ah mais mince, je vis en France, pardon ! Ce que je peux être innocente parfois…

Cher Monsieur Benz, le dénouement de cette incroyable histoire sera pour la prochaine lettre. Dire que tout cela a débuté par une soirée pizza chez une collègue de boulot. En plus il y en avait une à l’ananas…

C’est parti mon kiki… enfin Monsieur Benz !

Crédit photo : stux sur Pixabay.

Publié par melaniebonnotauteure

Auteure et chroniqueuse littéraire.

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